“Halte au mépris”: sages-femmes “en colère” cherchent reconnaissance

“Faut pas pousser”, “ras le col”: des sages-femmes ont manifesté mercredi en France dans le cadre de la journée internationale qui leur est consacrée, réclamant reconnaissance et effectifs. “Notre profession est très peu connue et très peu reconnue”, a expliqué à l’AFP Camille Dumortier, présidente de l’Organisation nationale syndicale des sages-femmes (ONSSF), qui fait état “d’un gros ras-le-bol” de ces collègues dont le métier ne se résume pas aux accouchements mais inclut également le suivi gynécologique, la PMA, les IVG…”Ca fait des années qu’on réclame plus d’effectifs et un vrai statut médical à l’hôpital”, ajoute Isabelle Maigniem, sage-femme libérale.La France compte environ 23.000 sages-femmes en activité, à 97% des femmes, qui exercent majoritairement dans les hôpitaux et cliniques. A l’appel des deux principales organisations syndicales de la profession (ONSSF et UNSSF) et de la CGT, elles se mobilisent pour la cinquième fois cette année. Elles étaient notamment des centaines devant le ministère de l’Enseignement supérieur et de la Recherche à Paris. En blouses blanches ou bleues, masquées de rouge en référence au code rouge activé en cas d’urgence lors d’un accouchement, les sages-femmes ont improvisé plusieurs chorégraphies avant de prendre le chemin du ministère de la Santé, où une délégation devait être reçue en début d’après-midi.”Métier formidable, statut fort minable”, “Fini d’être sages”, “Macron hors de ma vulve”, pouvait-on lire sur les banderoles des “cigognes mais pas pigeons”. “On s’occupe de la santé des femmes et nous sommes des femmes”, note Camille Dumortier faisant le lien avec le fait “qu’on les oublie toujours”. Comme récemment “pour la dotation en masques, pour réaliser les tests PCR, pour pouvoir prescrire et réaliser les vaccins anti-Covid”, notent les organisations syndicales dans un communiqué commun. “Les compétences on les a, les actes on les fait, les responsabilités on les a, mais derrière on est toujours les oubliées, et notamment les oubliées du Ségur”, estime Eve Rizzotti-Donas, sage-femme, devant le centre médico-chirurgical obstétrique de Schiltigheim.Une cinquantaine de manifestantes venues de Colmar, Mulhouse ou Strasbourg y étaient réunies, sous les pancartes, “sages-femmes méprisées = santé des femmes menacée”, “Une femme = une sage-femme”, “pour 9€ la nuit, autant rester au lit”.Elles étaient le double, place du Capitole à Toulouse scandant “sages-femmes en colère, il y en a marre de la galère”. “Mépriser les sages-femmes, c’est insulter les femmes”, pouvait-on lire sur des pancartes.Pour Anne-Laure, 31 ans, sage-femme dans le privé, il y a “un manque de reconnaissance de nos compétences et nos rémunérations ne sont pas à la hauteur”.A Lyon, elles étaient environ 150 à manifester place Bellecour dans une ambiance bon enfant. “La société de demain naît entre nos mains” ou encore “sages-femmes méprisées = femmes mal traitées”, pouvait-on lire sur des banderoles et des pancartes.”Nous demandons également l’augmentation des effectifs, notamment à l’hôpital, pour pouvoir gérer plus naturellement les patientes notamment au moment de l’accouchement et éviter de gérer six patientes en même temps”, a estimé Maëlle Joubert, sage-femme libérale à Saint-André-de-Corcy (Ain).

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